Archives de Tag: Renault

Les dessous de L’ANI poussent un ouvrier au suicide

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Un salarié de Renault s’est suicidé dans la nuit de dimanche à lundi sur son lieu de travail à l’usine de Cléon (Seine-Maritime).

« Merci Renault. Merci ces années de pression, chantage au nuit. Où le droit de grève n’existe pas. Ne pas protester sinon gare. La peur, l’incertitude de l’avenir sont de bonne guerre, paraît-il ? Tu expliqueras ça à mes filles, Carlos », allusion à Carlos Ghosn, le PDG du groupe.

Le salarié, « excellent ouvrier » et « non-syndiqué », « faisait l’objet de pressions de la direction depuis qu’il avait pris activement part aux grèves contre le projet d’accord compétitivité-emploi cet hiver », a précisé M. Le Manach. « La direction l’avait notamment menacé de le faire redescendre en équipe (de jour), avec une perte financière très importante à la clé », a ajouté le syndicaliste.

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Renault, un accord signé par trois syndicats

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L’accord de compétitivité permettra au constructeur automobile de réaliser 500 millions d’euros d’économies par an.

Les élus CFE-CGC, CFDT et FO ont validé une augmentation de 6,5 % du temps de travail, une refonte des comptes épargne-temps, un gel des salaires en 2013 et 7 500 suppressions nettes d’emploi d’ici fin 2016.

La direction s’engage sur la non-fermeture de site, à ne pas recourir à un plan de sauvegarde de l’emploi ni à un plan de départ au volontariat.

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« Compétitivité : l’Espagne défie la France »

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On pourrait aussi dire que le Portugal défie l’Espagne, que la Chine défie le Portugal, que le Vietnam défie la Chine, et que le Bangladesh défie le Vietnam, vu que l’on peut toujours chercher un pays où l’on accepte de travailler plus en gagnant moins. Quand on s’engage dans la course au dumping salarial, le pire est toujours possible. Ça s’appelle la concurrence mondialisée libre et non faussée.

En Espagne, la direction de Renault a signé un accord de compétitivité. Contre des investissements et le recrutement de 1 300 salariés, les partenaires sociaux ont accepté de travailler une journée de plus chaque année et de baisser de 27,5 % le salaire d’entrée des futurs personnels. Un salaire charges comprises revient à 35 000 euros par an au constructeur, contre plus de 50 000 euros en France, selon des données révélées par Les Echos.

En France, au nom d’un même accord, Renault cherche à mutualiser, au sein de chaque pôle, toutes les activités des services d’appui. Outre des mesures sur les rémunérations et le temps de travail, le constructeur ne détaille pas le nombre de suppressions de postes administratifs qu’entraînerait cette réorganisation.
Pour la production, le constructeur veut fluidifier les mouvements de personnels entre les différents sites, en fonction de leur charge de travail. Par exemple, des salariés de Sandouville ont rejoint l’an dernier l’usine de moteurs de Cléon pour des vacations de plusieurs mois.
« Pour Renault, le système actuel coûte cher. Pour un détachement, il paie une prime de 1 000 euros par mois et les volontaires ne sont pas légion.
Il nous propose tout simplement de rendre le système obligatoire et moins intéressant financièrement. »
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Chez Renault, des suicides virtuels

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Tout commence par un mail dans lequel la directrice de communication demande à ses services de « travailler sur une déclaration à utiliser en interne ou en externe au cas où l’un d’entre eux (NDLR : un des trois cadres suspectés) commettrait l’imparable (sic) ». Elle précise en outre : « ça serait sur le thème : nous sommes abasourdis et nous avions pris les dispositions médico-psychologiques pour les trois individus. »
Quelques heures plus tard, les projets de communiqués sont livrés à la hiérarchie suivant deux hypothèses : le suicide d’un des trois cadres licenciés et même une tentative qui aurait échoué.
« Toute l’entreprise est profondément ébranlée par la gravité de ce geste. » En cas de suicide, le communiqué s’enrichit de « (l’entreprise) pense particulièrement à la famille de M. xxx ». Il ne reste qu’à ajouter l’identité du cadre qui aurait éventuellement craqué.

Anticiper le suicide d’un futur licencié fut, pour le management de Renault, la bonne réponse au besoin de contrôler la communication du groupe, après la vague de suicides au Technocentre de Guyancourt.

le juge a réentendu comme partie civile Carlos Ghosn durant plus d’une demi-journée, « M. Ghosn, on a tellement de choses à se dire que la prochaine fois il faut prévoir dix heures… »
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L’automobile en Europe, ou le drame de la concurrence libre et non faussée

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Alors que le groupe PSA annonce un plan de 8000 licenciements et la fermeture de son usine d’Aulnay-sous-Bois, son patron, Philippe Varin, justifie ces suppressions de postes en invoquant le coût du travail, selon lui « le plus cher en Europe ».

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Le « décrochage » franco-allemand est le résultat, en grande partie, de la modération salariale allemande qui a conduit à une diminution du coût unitaire du travail entre 2005 et 2008.
La France reste dans la moyenne à la fois de l’OCDE et de l’Europe. C’est l’Allemagne qui fait figure d’exception.
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Jean-Marc Ayrault, a demandé aux dirigeants du groupe de s’expliquer. « Pourquoi cette annonce maintenant ? Est-ce que cette situation n’était pas connue déjà depuis plus longtemps, voire un an, voire deux ans? Pourquoi cette situation s’est dégradée alors que l’Etat (…) a versé 4 milliards d’euros à ce groupe industriel. Quel a été le rôle de l’actionnaire notamment de la famille Peugeot? »

Renault a mieux résisté à la crise que Peugeot parce qu’il a davantage délocalisé sa production : il ne produit que 23 % de ses voitures en France contre 44 % pour PSA.

Le risque d’un nouveau plan est de lancer des rustines comme avant, dans l’urgence. Sauf à ce que l’État redéfinisse sa relation avec les constructeurs, et s’engage dans une stratégie de long terme qui reste entièrement à définir et qui de toute façon ne portera ses fruits que bien plus tard. C’est-à-dire très au delà de la fin du quinquennat.

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