
Le centre historique était autrefois le bastion bourgeois de la Moselle – que l’on parle de bourgeoisie économique et industrielle, ou de cette bourgeoisie nomade que représentaient les centaines d’officiers de la garnison. Aujourd’hui, résolument tourné vers l’extérieur et en pleine ébullition artistique, ce centre vote à gauche.
L’autre relais de croissance de la gauche messine se trouve sur la colline de Borny, que couronnent les barres des années 60 ; quartier plus jeune que le reste de la ville, où réside une importante population d’origine immigrée (24%) et où l’essentiel du parc locatif est social. Le PS gagne vingt points sur ces deux territoires que presque tout oppose, passant de 20-25% à 40-45% des voix au premier tour des législatives.
Les représentants de la droite ont longtemps tenu le centre conservateur, ainsi que les quartiers pavillonnaires du sud, fief de la classe moyenne et de la classe moyenne supérieure. Aujourd’hui le centre est en partie perdu, au profit du PS, et le sud pavillonnaire lui échappe, au profit du FN. Magny s’est littéralement livré au FN qui a multiplié ses scores par 6 (de 2,9 à 15,8% des voix), surfant sur le sentiment d’insécurité culturelle de ces populations. Ne restent aujourd’hui à la droite messine que quelques zones de maintien dans les faubourgs résidentiels du centre-ville.
A Metz comme ailleurs, il s’agit d’ajuster la liste municipale de manière à satisfaire à chaque quartier, chaque communauté : des entrepreneurs, des fonctionnaires, des minorités visibles, des jeunes, des seniors, des cadres militants, des sportifs, etc…
C’est une option tactique naturelle mais insuffisante.
Il faudra bien en passer par la verticale du discours politique, seule à même de souder la collectivité, de proposer à chacun une raison plutôt que des occasions d’être ensemble.
Lire l’article de Delitsdopinion

Deux autres articles pour compléter le tableau, analyses et analyses suite.
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