Archives de Tag: héritiers

L’« Esprit de Résistance » s’indigne

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Par l’association « Esprit de Résistance »

Ce mercredi 11 janvier 2012, le tribunal de grande instance de Paris s’est déclaré incompétent quant à la demande des héritiers Renault en réparation de la nationalisation sanction de 1945

Avant de commenter plus avant cette décision, nous voulons ici saluer la mémoire des victimes courageuses de la répression au sein de la SA Renault, propriété quasi exclusive de Louis Renault. Non contente de développer ses capacités de production au service de l’occupant, la SAUR pratiqua une répression féroce, mit ses réseaux de délation au service de la chasse aux résistants, aux militants politiques clandestins et aux syndicalistes. Traqués, dénoncés nommément par la direction de la SAUR à la police, arrêtés, torturés, livrés à la Gestapo, certains comptèrent parmi les fusillés du Mont Valérien, les autres furent internés et déportés.
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Scandaleux : le 14 décembre 2011, les héritiers Renault « occupent » une nouvelle fois la télévision

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Chère amie, cher ami,

Mercredi prochain 14 décembre sera diffusée sur France 3 à 20 h 35 une nouvelle émission sur Louis Renault (et André Citroën), suivie d’un débat :

http://programmes.france3.fr/documentaires/index.php?page=doc&programme=histoire-immediate&id_article=2057

Au débat, déjà enregistré, participeront : Laurent Dingli, mari d’une petite fille de Louis Renault et historien hagiographe du grand-père, et sa femme Hélène Renault-Dingli, petite fille de Louis Renault.

C’est donc la troisième fois en neuf mois que les petits-enfants de Louis Renault ont accès à France 2 et France 3. Ce n’est pas la présence au « débat » de l’historien Patrick Fridenson, spécialiste du Renault d’avant-guerre, ni celle François Rouquet, spécialiste de l’épuration des postiers et des instituteurs, question sans rapport avec notre sujet, qui permettra le vrai débat.

Notre proposition de participation de l’historienne Annie Lacroix-Riz, spécialiste de la « collaboration économique », auteur, notamment, d’Industriels et banquiers français sous l’Occupation : la collaboration économique avec le Reich et Vichy, Paris, Armand Colin, 1999, 661 p., et de Michel Certano, ouvrier de Renault, fils d’ouvrier de Renault et résistant, qui après 40 ans passés chez Renault consacre sa retraite à l’histoire de l’entreprise est donc restée sans effet. Il ne faut pas s’étonner qu’ils n’aient pas été conviés au débat, car M. Dingli, sur le site qu’il consacre à Louis Renault, a, en page d’accueil, un onglet « réponse à Annie Lacroix-Riz », et l’attaque régulièrement dans les nombreux media qui l’invitent. On comprend qu’il ne souhaite pas être confronté à elle, qui a des archives d’époque à présenter.

Or il se trouve que le même 14 décembre, se tient une audience du Tribunal de Grande Instance de Paris consacrée à l’assignation de l’État par les petits-enfants de Louis Renault en réparation du préjudice subi du fait de l’application de l’ordonnance n° 45-68 du 16 janvier 1945.

Il ne s’agit donc pas en l’espèce de la simple censure d’un débat, mais de la défense des intérêts financiers des petits-enfants de Louis Renault, dans un procès dont l’issue favorable pour ces derniers se traduirait par une charge de plusieurs milliards d’euros pesant sur le contribuable français.

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La famille Renault renie l’accord de 1947

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En 1945, le général de Gaulle signa l’ordonnance de nationalisation des usines Renault qui fixait les objectifs de la nationalisation et prévoyait le règlement des biens de L. Renault non dévolus à la Régie Nationale. Un accord définitif est conclu entre l’État et les héritiers, le 15 mars 1947.
Reniant cet accord, les petits-enfants de Louis Renault asigné l’État et tentent d’utiliser la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) dont ils demandent l’application rétroactive. Ils sollicitent ainsi des dommages et intérêts qui pourraient se compter en milliards d’euros, et qui seraient à la charge des contribuables.
Les archives de 1935 à 1944, aujourd’hui ouvertes, mettent en lumière le rôle de pourvoyeur des armées du IIIe Reich que Louis Renault assuma avec un zèle inégalable dès août 1940 et jusqu’en août 1944, et la contribution de Renault à la répression qui frappa les résistants, de toutes opinions et de toutes confessions.
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